Cela fait maintenant un an que l'OCR existe, un point d'étape critique
s'impose.
Sur les retraites
Sur le mouvement des retraites, notre intervention s'est limitée à un texte
largement rédigé en direction des syndicalistes. Notre jeunesse organisationnelle au moment de la mobilisation, le sentiment de désastre annoncé et la perplexité quant aux stratégies à adopter
pour ne pas perdre cette bataille malgré l'impression de Waterloo qui planait dès le début du conflit, nous ont interdit toute expression collective. Nous aurions pu faire des appels à la grève
générale mais l'imprécation stérile n'est pas notre fort. Pris entre notre volonté profonde (qu'une grève générale naisse) et la vision de la réalité (grèves ponctuelles, attentisme de la part
des grévistes) nous n'avons pas su comment agir.
Le texte rédigé à l'époque, s'il est contestable parce que plaçant trop d'espoirs
dans le syndicalisme de base, a contribué a posteriori à l'émergence d'une analyse basée sur les structures et leurs interactions avec le système (cf. « l'OCR, théorie et
pratiques »).
Nous croyions à l'époque que la collaboration de classe était surtout le fait des
directions et que les sections de base sauraient, elles, mener le combat contre le gouvernement, ce qui s'est révélé très largement faux. Nous avions confiance dans une certaine forme de
syndicalisme, fait de basisme et de défiance envers les bureaucrates syndicaux. On ne nous y reprendra plus! Le fait est que les seuls syndicalistes de base combatifs s'avèrent être les militants
d'extrême-gauche investi dans le syndicat, revoyant la théorie d'un syndicalisme apolitique de base et combatif au rang de mythe d'un temps révolu.
A postériori, il aurait été plus judicieux pour nous comme pour tous les
groupuscules, d'aller distribuer des tracts dans les quartiers pour inciter les populations habituellement absentes des mobilisations à nous rejoindre dans la lutte plutot que de les distribuer
dans les manifs, ce qui constitue une forme d'entre-soit.
Sur la Libye
La publication du communiqué sur la situation en Libye était motivé par l'attitude
puriste de nombre d'organisations révolutionnaires françaises et internationales, qui, dans une position totalement dogmatique et suicidaire pour le peuple libyen, en appelaient à
l'anti-impérialisme et à manifester contre l'intervention occidentale, voyant dans celle-ci un début d'invasion.
Pour notre part, nous prenions acte de l'intervention occidentale et de son
acceptation voire de sa sollicitation par le peuple libyen, et demandions que l'intervention se borne au mandat donné par l'ONU qui stipulait qu'il n'y aurait pas d'intervention terrestre. Six
mois après le début de l'intervention, aucune trace d'invasion, les troupes occidentales ayant même tendance à rentrer chez elles, prouvant par là que la grille de lecture anti-impérialiste, qui
est systématiquement utilisée pour comprendre les rapports internationaux par nombres de gauchistes, est largement artificielle et creuse (en plus d'être criminelle dans le cas
présent).
Nous appelions également clairement à ce que le peuple libyen dispose d'armes pour
lutter lui-même contre Khadafi. Il semblerait que cette revendication ait été appliqué en secret par l'Etat français, qui aurait fourni des armes aux insurgés, expliquant la progression militaire
après des semaines d'enlisement. Comme quoi l'idée n'était pas mauvaise.
Nous avions par ailleurs critiqué l'attitude des révolutionnaires occidentaux qui se
mobilisaient de façon ponctuelle pour le peuple libyen via des rassemblements pour la simple raison que le sujet était d'actualité . Force est de constater que nous avions raison sur ce
point. Alors que toute l'extrême-gauche s'est levée pour affirmer son soutien lors de la première vague du Printemps arabes, période qui court grosso modo de janvier à fin mars, pas une
organisation n'a levé le petit doigt pour la Syrie, entrée sur le tard dans la contestation et où une lourde répression sévi pourtant. Le peuple Syrien a eu le tord de se révolter contre un
dictateur une fois le soufflet médiatique retombé, et qui plus est, pendant les vacances d'été.
Au chapitre des erreurs de notre part sur ce sujet, on peut noter une formulation du
communiqué qui tendait à assimiler le CNT, l'organe bourgeois qui a mis la main sur le mouvement de contestation, à la contestation elle-même. Cela est dû à un esprit de provocation envers les
organisations révolutionnaires occidentales, qui, tout en appelant théoriquement à la révolution, n'en condamnaient pas moins, dans les faits, les insurgés à la mort en s'opposant à toute aide
militaire. Esprit de provocation un peu bas du front, avouons-le.
Sur nos productions en général
Au delà du faible nombre de militants (qui ne demande qu'à augmenter), qui induit
inévitablement un faible volume de productions, la publication d'un nombre restreint de textes est un choix tactique : au lieu de nous exprimer sur tous les sujets, nous préférons nous exprimer
sur des sujets restreints et ciblés. Nous considérons que nous n'avons pas à calquer systématiquement notre calendrier sur celui du système capitaliste et que notre priorité doit être la
propagande pédagogique du communisme, notamment ,en cette période, via l'explication de la crise capitaliste.
Si notre production est faible, elle est probablement aussi peu adaptée au public
visée malgré notre volonté de faire oeuvre de pédagogie. Le tract sur la ségrégation sociale est ainsi probablement trop technique, trop dense pour le public visé.
Une année en un mot
Si cette première année de militantisme devait être résumée en un mot, ce serait
«retard !». Tous nos projets ont pris du retard. Le 4-pages sur la crise, qui pourtant serait le bienvenu en cette période (crise dont nous souhaitions faire notre champs d'intervention
principal), n'est toujours pas bouclé 8 mois après son commencement. Notre manifeste « l'OCR, théorie et pratiques », qui devait être finalisé pour fin juillet est aussi en retard et a
subit plusieurs refontes. Nous envisagions également de produire une revue annuelle de rétrospective « Bilans et Perspectives », pour avoir un regard a posteriori sur les évènements
marquants de l'année écoulée. Il ne s'agit pas là d'un simple retard mais d'une annulation pure et simple puisque nous avons finalement renoncé à cette publication pour nous concentrer sur
l'essentiel, à savoir notre clarification idéologique dans un premier temps et le bouclage du matériel sur la crise dans un second temps.
Des évolutions à venir
Cette année nous a permis d'évoluer dans nos théories mais les principales
modifications à venir se feront dans la forme , à commencer par notre sigle. Si la mention « Unité populaire » résume clairement notre volonté de nous intéresser aux vrais gens plutôt
qu'à l'idéologie abstraite, cet adjectif a aussi une légère connotation maoïste, comme on nous l'a fait remarqué plusieurs fois. Afin d'avoir une dénomination plus claire, plus courte et moins
gauchiste, l'OCR-UP deviendra dès la rentrée OCR tout court. Si l'adjectif quitte le nom de l'organisation, la volonté, elle, reste la même.
Notre blog devrait également subir une refonte. La pédagogie étant notre maître-mot,
nous projetons de créer un blog spécifique pour la découverte du communisme, fait de textes clairs et simples, accessibles à tous sans prérequis théoriques. Les textes de la partie Formation du
blog actuel y trouveraient naturellement sa place, rendant le blog communiste-révolutionnaire moins fouilli et plus centré sur l'activité politique.
Nous envisageons également de modifier le design du blog pour le rendre moins
« sovietique ».
Croisons les doigts pour que tous ces engagements ne subissent pas de
« retard! » eux aussi.
OCR, le 10/09/11